Corneille : "Devenir père a été une grande leçon d’humilité"

<b>INTERVIEW</b> - Corneille sort un nouvel album, Les inséparables, porté par sa nouvelle paternité et l'envie d'un retour aux sources

Corneille © NRJ
Après quelques années aux Etats-Unis, Corneille est de retour, avec son disque Les inséparables. Un album retour aux sources, aussi bien dans la musique urbaine que pour ses textes positifs, marqués par la nouvelle paternité du chanteur. Rencontre.

Chériefm.fr : Comment décrirais-tu ce nouvel album en trois mots ?


Corneille : Nouveau départ, retour aux sources et paternité. Je suis vraiment revenu à l’état d’esprit dans lequel j’étais en faisant mon premier album, un retour à cette innocence, cette inconscience.

Chériefm.fr : Comment s’est passé ce retour aux sources ?


Corneille : Grâce à la paternité justement. Devenir père, ça a été une grande leçon d’humilité. Par la force des choses, je me suis retrouvé au service d’une autre personne. Je me suis défait de mon ego, de tous les habillages que j’avais accumulé depuis 10 ans. Ça m’a ramené au départ.

Corneille

Chériefm.fr : La paternité revient d’ailleurs dans plusieurs de tes nouvelles chansons…

Corneille :
Il y a le titre Tout ce que tu pourras, qui est vraiment très intimiste. Mais aussi mon duo avec La Fouine , qui parle de l’importance de l’homme dans notre société. On est tous le père de quelqu’un, ou un père en devenir. La chanson parle de l’importance d’un père, ou de son absence aussi, dans la construction d’un être humain.

Chériefm.fr : Devenir père, ça t’a changé ?

Corneille :
Ça peut paraître naïf, mais la seule chose que je savais avant que mon fils naisse, c’est que j’allais l’aimer de façon inconditionnelle. Après, j’apprends tout le temps. Chaque jour, je découvre le père que je pourrais être.

Chériefm.fr : Ton fils aime la musique ?

Corneille : Dès qu’il s’est mis à marcher, il courait vers le piano à queue ! Il a un vrai sens de la musique, il adore le hip hop, il montre facilement ce qu’il aime… et ce qu’il n’aime pas aussi. Très vite, je l’ai amené en studio avec mois.

Chériefm.fr : Les inséparables, c’est un album familial ?

Corneille : Vraiment. J’ai écrit six textes avec ma femme, j’ai produit le disque avec un vieil ami, je l’ai mixé à Paris, ce que je n’avais jamais fait avant. Travailler avec ma compagne s’est fait très simplement. Le pire pour un artiste, c’est de manquer de recul, de devenir prisonnier d’une routine. Ma femme a su me faire évoluer, elle a eu un regard très honnête sur mon travail.

Elle a par exemple écrit la chanson Quand Paris t’appelle. Comment est né ce titre ?

Corneille : C’est elle qui m’a donné l’idée de ce thème. Pendant deux ans, on parlait souvent de revenir à Paris, de s’installer en France. C’était dans nos conversations quasiment tous les jours. Pourquoi ne pas en faire une chanson ? C’est un hommage à la France.

Corneille

Chériefm.fr : C’est important pour toi que ta musique marche en France ?

Corneille :
Avant la paternité, je pensais que beaucoup de choses étaient acquises. Par exemple, j’avais envie de beaucoup voyager avec ma musique. Maintenant, je souhaite être plus sédentaire, rester sur des bases plus solides. C’est en France que j’ai trouvé mon premier succès J’ai la chance d’avoir une relation saine avec un public fidèle, même s’il n’aime pas toujours ce que je fais, mais c’est normal.

Chériefm.fr : De quel pays te sens-tu ?

Corneille :
Je me sens un peu Français… un peu beaucoup ! Je suis profondément Africain, francophone, noir-américain… mais ça ne rime à rien. Je me définis plus par mes cultures que par une position géographique. Je suis un citoyen du monde.

Amélie BERTRAND

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