Né à Motta Sant'Anastasia, Sicile, Italie le 24 juillet 1921, le ténor italien Giuseppe Di Stefano alias Pippo débute sa carrière artistique avec l'opéra « Manon » dans les années 1940.
Connue
pour son interprétation captivante, son timbre hors pair et sa forte
présence scénique, cette grande pointure de la musique lyrique a acquis
la grande célébrité avec sa partenaire Maria Callas.
Laissant des chefs-d'oeuvres uniques et d'une rare qualité, il décède dans sa résidence milanaise le 3 mars 2008.
Des premières années à Milan à l'aventure à la Nino Florio Fils
unique d'une couturière et d'un ex-carabiniere converti au métier de
cordonnier, tous les deux originaires du su d de l'Italie,
Giuseppe Di Stefano passe son enfance en Sicile.
Vers
1927, les difficultés économiques et l'espoir d'une vie meilleure
amènent sa famille à s'établir à Milan. Le jeune garçon commence ainsi
son aventure musicale au sein d'une chorale milanaise où il se fait
déjà remarquer par ses compagnons pour sa grande potentialité vocale.
Encouragé par son ami
Danilo Fois
qui lui propose de lui payer ses premiers cours de chant, il se dédie
petit à petit à la musique. Il suit alors une formation musicale au
séminaire des Jésuites de Milan avant d'écumer les cafés, cinémas et
restaurants de la ville et ses alentours.
En 1938, le jeune
virtuose s'inscrit à deux concours de chant à Florence et Milan qu'il
finit par remporter. Il obtient ainsi ses premières auditions avec le
baryton
Luigi Montesanto qui devient son professeur.
C'est
avec ce dernier qu'il poursuit ses cours de chant jusqu'en 1941 où il
est obligé d'intégrer l'armée italienne. Plus tard, échappant à une
campagne militaire en Russie, il revient à Milan où il commence sa
carrière de chanteur dans différents théâtres et lieux de spectacles de
la ville sous le pseudonyme
Nino Florio.
Tour du monde en musique lyrique Après un séjour en Suisse pendant la dernière période de la guerre durant laquelle
Giuseppe Di Stefano poursuit son aventure musicale, il revient en Italie en 1945 pour reprendre ses cours de chant avec
Luigi Montesanto.
Plus
tard, après avoir campé quelques petits rôles musicaux, il marque son
vrai début professionnel en avril 1946 sur les planches du théâtre
municipal de
Reggio d'Émilie. A cette occasion, le jeune chanteur prête ses traits à Des Grieux dans l'opéra de
Jules Massenet «
Manon ».
La même année, il fait le tour d'Italie avec ce même numéro et d'autres pièces d'opéra. Parmi celles-ci, citons «
Rigoletto » de
Giuseppe Verdi, «
Les pêcheurs de perles » de
Georges Bizet, «
L'amico Fritz » de
Pietro Mascagni et «
La sonnambula » de
Vincenzo Bellini.
Fort
de son succès, l'artiste lyrique ne manque pas de passer à Barcelone
avant de faire son entrée à La Scala de Milan en 1947 toujours à
travers le rô le de Des Grieux de l'opéra «
Manon ».
En 1948, il part à l'assaut de New York où il rencontre un franc succès avec son rôle dans l'opéra «
Rigoletto
». Une performance qu'il aura le plaisir de présenter dans d'autres
parties des Etats-Unis et dans les salles prestigieuses de l'Amérique
latine, de l
Europe et de l'Afrique au fil des années.
De ses succès avec Maria Callas à sa disparition En 1949,
Giuseppe Di Stefano se marie avec
Maria Girolami avec qui il aura trois enfants prénommés
Giuseppe, Luisa et
Floria. Puis à l'aube des années 1950, il fait la rencontre de la soprano
Maria Callas.
Les
deux amis se présentent ensemble pour la première fois à San Paolo,
Brésil en 1951 avant de se produire dans divers opéras et concerts au
fil des années. En 1952, ils sont de nouveau ensemble à La Scala de
Milan pour interpréter «
La gioconda ».
Plus tard, ils enregistrent certains de leurs chefs-d'oeuvres majeurs pour le label EMI dont «
Lucia di Lammermoor », «
I puritani », «
Pagliacci », «
La traviata », «
La bohème » et «
Manon Lescaut ».
Dans
les années 1970, les deux partenaires, alors très liés sur le plan
affectif, entament une série de représentations dans différentes
parties du globe avant d'interrompre subitement leurs concerts en 1974.
Depuis,
Giuseppe Di Stefano diminue progressivement ses engagements artistiques pour se consacrer à l'enseignement.
En 1977, à l'occasion d'une tournée en Allemagne, il fait la connaissance de
Monika Curth avec qui il partage les dernières années de sa vie entre le Kenya et l'Italie.
En 2008, le ténor meurt dans sa résidence milanaise de Santa Maria Hoè, quatre ans après son agression au Kenya.