Berry, de son vrai nom Elise Pottier, est une chanteuse française dont le premier album est sorti le 25 février 2008.
Son histoire, elle-même n'est pas bAnale. A seize ans et un jour,
éprise d'indépendance, elle décide d'abandonner ses études. Un
professeur lui propose un compromis : poursuivre sa scolarité en
rejoignant la section théâtre. Après avoir intégré une troupe, elle se
produit alors sur des scènes nationales à Poitiers, aux côtés de
comédiens chevronnés. Sur les planches, elle découvre le bonheur de
servir les auteurs contemporains, les classiques et les philosophes
comme Sénèque dont elle interprète un montage de textes avec des
lettres de femmes algériennes. La reconnaissance viendra avec "Les
Femmes savantes", une pièce "Moliérisée", mise en scène par Béatrice
Agenin au Théâtre 13 puis au Théâtre Hébertot. On ne s'étonnera qu'à
moitié que Berry se soit beaucoup amusée à se glisser dans le costume
d'Henriette, le seul personnage qui ne se laisse pas abuser par le
galimatias pédant dénoncé par Molière.
Mais, si le théâtre a été un véritable déclic pour oser se lancer à la
rencontre du public, Berry a toujours cultivé une Passion secrète pour
l'écriture. "J'ai toujours raconté mes émotions sur le papier, pas
forcément sous la forme de chansons et sans que cela paraisse important", confie-t-elle. Ces essais prendront forme grâce au compositeur de
jazz Manou. Avec la complicité du guitariste Lionel Dudognon qui leur
ouvre sa maison, ils peaufineront ensemble deux, trois, puis douze
morceaux qu'ils accompagnent de bruitages en utilisant des éléments du
mobilier ! Au hAsard des visites, les chansons s'enrichissent de
quelques mesures de saxophone, de mots en lingala... Un album est né :
il portera le nom de "Mademoiselle". "Nous l'avons conçu dans la
jubilation la plus totale" se souvient Berry . Mais, pour lui donner
une chance de grandir et de s'épanouir, ces joyeux complices savent
bien qu'ils doivent dépasser le stade de l'artisAnat et frapper aux
portes des maisons de disques. Là encore, le destin veille. Le frère de
Manou travaille dans une crèche où une jeune maman, se propose de fAIRe
écouter la maquette à son directeur artistique. Quatre jours plus tard,
ils reçoivent un coup de fil d'Universal. Les enveloppes d'envois de
maquettes resteront dans les tiroirs et "Mademoiselle" s'émancipe en
embarquant pour Bruxelles. Après avoir vécu dans une insouciante
autarcie, Berry et ses complices s'installent en studio. Ils sont
rejoints par des musiciens dont ils souhaitaient la présence, sans
vraiment y croire : Laurent Vernerey (Françoise Hardy, Benjamin
Biolay), Clive Deamer (Portishead, Robert Plant), Denis Benarrosh
(Stephan Ei Cher , Keren Ann, Nougaro), Eumir Deodato (Björk, Earth, Wind
& Fire, Christophe), Yannick Fonderie (Biolay), Laurent de Wilde
(Ira Coleman, Abd al Malik),
De retour à Paris, Berry assure les premières parties de Michel
Delpech, Bazbaz, Abd al Malik. La magie opère immédiatement sur Berry qui découvre le bonheur de porter sur scène ses chansons... et pour le
public qui tombe sous le charme de sa voix troublante.
A la première écoute, certains se plAIRont à Cher Cher d'improbables
similitudes. Mais en s'y penchant d'un peu plus près, il faut se rendre
à l'évidence : Berry ressemble à... Berry . Affichant une singularité
évidente et un art consommé pour jongler avec les mots, les
double-sens, les sentiments, elle dessine au fil de "Mademoiselle",
un univers très personnel, où le noir côtoie le pastel, où la légèreté
transcende la mélancolie. Une alchimie surprenante qui combine mille et
une pudeurs, mille et une contradictions : intemporelle et terriblement
moderne, gourmande et pudique, sombre et jubilatoire. Tout ceci grâce à
la pop subtile et élégante de Manou et à une habile combinaison de
rimes croisées et obliques qui convergent toutes invariablement du côté
du coeur. Car "Mademoiselle" ne parle que d'amour, qu'il soit filial,
charnel tyrannique, malheureux. Une carte du tendre, revisitée à sa
manière, avec ses petits et grands tourments, mais dont la beauté nous
transporte et pourrait bien nous rendre meilleurs. Mais, comme Berry le
confesse avec une belle simplicité : "tout cela n'est pas si grave !".
La vente
excellente de l’album, plus de 45 000 exemplAIRes, lui a permis de fAIRe une
grande tournée qui continue en 2009 à l’Olympia.