Jain, une vraie citoyenne du monde

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Nourrie d'influences venues du monde entier, la musique de Jain a depuis elle aussi fait le tour du monde. Une progression logique pour une jeune femme dont la vie n'a jamais connu de frontières.

Madagascar, la terre des origines

Née à Toulouse en février 1992, Jeanne Galice dite Jain a grandi en arpentant le monde. Mais comme une grande majorité des Français, la jeune femme a planté ses racines bien au-delà des frontières métropolitaines. Celles-ci s'étendent ainsi jusque Madagascar, où est né le grand-père maternel de Jain. Ce métissage est une des fiertés de l'artiste, qui a passé une partie de sa jeunesse à écouter les disques de la musique de l'île de l'Océan Indien que jouait sa mère à la maison.

Et si la culture africaine dans son ensemble est essentielle pour comprendre la musique de Jain, cette dernière n'a jamais oublié Madagascar. C'est ce qui explique ainsi le titre de son premier album, "Zanaka", sorti en 2015 et dont sont issus ses premiers succès "Makeba" et "Come". "Zanaka" est en effet un mot malgache, qui signifie "enfant".

Jain et son enfance à travers le monde

Mais la personnalité cosmopolite de Jain ne s'est pas uniquement construite par sa généalogie. Fille d'un employé de compagnie pétrolière, la jeune Toulousaine a passé son enfance à bourlinguer à travers le monde au fil des voyages d'affaires de son père. C'est notamment pour cela que Jain s'installe à Dubaï à l'âge de neuf ans, où elle restera avec sa famille pendant trois ans. Dans la capitale des Émirats arabes unis, elle découvre les percussions arabes qu'elle pratique pendant deux ans et qu'elle réutilisera par la suite dans certaines de ses chansons.

Par la suite, la vie professionnelle de son père va emmener Jain à Abu Dhabi, où elle découvre certaines de ses influences comme la chanteuse libanaise Fairuz et le Nigérian Fela Kuti, fondateur de l'afrobeat, ce courant fusion entre funk, jazz et musiques traditionnelles africaines dont elle s'inspirera par la suite. Mais c'est surtout au Congo, entre Brazzaville et Pointe-Noire, que la musique de Jain prendra peu à peu corps pour devenir ce qu'elle est.

L'art au carrefour des continents pour Jain

"Zanaka" est en effet traversé d'hommages à la rumba congolaise, genre très populaire dans le pays et inspiré de son homologue cubaine. Les sonorités africaines y sont légion, mûries notamment de sa rencontre déterminante dans la capitale congolaise avec le beatmaker Mr. Flash, avec lequel elle compose ses premières maquettes à l'âge de seize ans.

Et l'un des premiers titres qui la feront connaître, "Makeba", est bien sûr un hommage musical à l'un des plus grands noms de la musique du continent africain, la Sud-Africaine Miriam Makeba (le clip de la chanson est d'ailleurs tourné à Johannesburg), surnommée "Mama Afrika", figure de la lutte contre l'Apartheid disparue en 2008. Ses tenues de scène sont également à l'image de ce métissage, mélangeant ses cols Claudine tout ce qu'il y a de plus français à des accessoires venus de ses voyages à travers le monde : une bague venue d'Afghanistan, un anneau sénégalais, ou un bracelet hérité de son grand-père malgache…

Mais si tout dans la musique de Jain transpire de cette éducation construite aux quatre coins du monde, c'est aussi par son choix de privilégier l'anglais au français, ses chansons étant aussi des messages d'amitié envoyés à ses rencontres faites dans chaque pays qu'elle a pu visiter.

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