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Baby Jane, l'alter ego musical de Christina Aguilera

Si la carrière de Christina Aguilera dure depuis maintenant deux décennies, c'est en partie grâce à sa capacité à se réinventer, sans jamais oublier le personnage qui symbolise ses racines musicales.

Baby Jane, l'alter ego musical de Christina Aguilera © ©Ullstein Bild / Getty Images

Baby Jane, ou la nécessité d'une réinvention

Des personnages scéniques, Christina Aguilera en a connu beaucoup. Mais aucun ne l'a autant suivie et ne lui a autant collé à la peau que Baby Jane, cette blonde fatale inspirée des pin-ups et des actrices hollywoodiennes de l'âge d'or. Avant Baby Jane, il y eut d'abord Xtina, qui est à Baby Jane ce que le yang est au yin. Xtina, c'est la jeune rebelle débraillée, ultra provocative et lascive qui explose sur "Stripped", le quatrième album de la chanteuse, notamment dans le clip resté célèbre de "Dirrty". Si l'album fut un succès planétaire avec plus de 10 millions d'exemplaires écoulés, il fut aussi à l'origine de nombreux scandales et de cas de censure qui laissent la chanteuse épuisée. En parallèle de la tournée mondiale "The Stripped Tour", elle écrit dans un poème vouloir évoluer "en tant que chanteuse et en tant que visionnaire". Lassée par le paysage musical dans lequel elle évolue, elle veut revenir aux genres fondamentaux et historiques que sont le jazz, le blues et la soul. "Stripped" était l'album de la crise d'adolescence, le suivant sera celui de l'âge adulte et du retour aux classiques comme le suggère son nom, "Back to Basics".

Un hommage aux blondes de l'âge d'or

Si "Back to Basics" veut s'inspirer des plus belles voix féminines des années 1920 à 1950 comme Billie Holiday, Ella Fitzgerald ou encore Etta James, le disque est aussi l'occasion pour la chanteuse de faire évoluer son image. Pour cela, elle choisit de prendre pour inspiration non pas les chanteuses, mais les actrices phares de cette époque. Naît ainsi Baby Jane, en hommage au classique de 1962 "Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?", qui marquait la rencontre devant la caméra de Robert Aldrich avec deux grandes stars du Hollywood de l'âge d'or, Bette Davis et Joan Crawford. Dans le film, la première incarne Baby Jane Hudson, une ex-enfant star des années 1920 tombée dans l'oubli à l'adolescence, avant que sa sœur devienne une actrice adorée et respectée. Difficile de ne pas voir ce qui dans ce personnage de Baby Jane a su parler à Christina Aguilera, elle-même révélée dès le plus jeune âge grâce au "Mickey Mouse Club" aux côtés de Britney Spears et Justin Timberlake.

Une réinvention suivie par le public

La Baby Jane de Christina Aguilera est quant à elle un personnage composite dans lequel la chanteuse mélange tous ses modèles de beauté : Marilyn Monroe, Marlene Dietrich, Greta Garbo... La star change drastiquement son apparence, retire tous ses piercings, troque les tresses contre les épais brushings laqués, et se teint les cheveux en blond platine. Pour créer l'imaginaire de Baby Jane sur "Back to Basics", elle fait appel à Ellen von Unwerth, photographe de légende célèbre pour ses portraits féministes, souvent en noir et blanc, ayant notamment révélé à la fin des années 1980 une jeune mannequin du nom de Claudia Schiffer, qu'elle fut la première à photographier. Des cabarets burlesques du clip d'"Ain't No Other Man" au cirque de celui de "Hurt" en passant par la caserne militaire de celui de "Candyman", toutes les vidéos illustrant les tubes de l'album contribueront à graver immédiatement le monde de Baby Jane dans l'esprit des fans de Christina Aguilera. Le public suivra : "Back to Basics" s'écoule à cinq millions d'exemplaires, et une tournée mondiale de deux ans achèvera le succès de la Christina new look.