"Aserejé, ja, dejé, Dejebe tu dejebere seibiunouva, Majavi an de bugui an de buididipi"…Si vous pensiez avoir répété en boucle ce refrain entraînant du groupe Las Ketchup en pensant chanter un charabia espagnol sans aucun sens, détrompez-vous. Derrière ces syllabes apparemment chaotiques se cache une histoire bien précise et une explication amusante qui continue de surprendre les auditeurs.
Comme l'a expliqué Lola Muñoz, l'une des trois sœurs du trio originaire de Cordoue (aux côtés de Lucía et Pilar) dans les colonnes du magazine "Rolling Stones" : "La chanson parle de Diego, pas de nous."
L'histoire racontée dans le tube est donc celle d’un jeune homme qui débarque en boîte de nuit dans un état un peu second. Vêtu de son costume bleu, la lune reflétée dans ses pupilles dilatées, Diego se dirige vers la cabine du DJ, qui est l'un de ses amis, pour lui demander de passer son morceau préféré à minuit.
Le mystère du refrain enfin résolu
Lorsque la musique retentit dans la discothèque, Diego se met à chanter son titre favori à tue-tête. Le problème ? Dans son état chaotique et ne maîtrisant absolument pas l'anglais, il n'arrive pas à fredonner proprement les paroles du classique du hip-hop américain : "Rapper's Delight" du Sugarhill Gang, sorti en 1979.
Le célèbre refrain d'"Aserejé" n'est donc rien d'autre qu'une imitation phonétique espagnole, un "franglais" à la sauce ibérique, des paroles originales de "Rapper's Delight".
Les paroles originales de "Rapper's Delight" qui sont : "I said a hip, hop, the hippie, the hippie to the hip hip hop, a you don't stop the rock : it's a dangerous rhythm…" se transforment donc dans la version de Diego ("Aserejé") en : "Aserejé, ja de jé, de jebe tu de jebere sebiunouva, majabi an de bugui an de buididipí..."
En lisant les deux versions côte à côte, le rapprochement devient évident : "I said a hip hop" devient "Aserejé" tandis que "To the hip hip hop" devient "De jebe tu de jebere" et "Gotta big body buggik" se change en "Majabi an de bugui".
"The Ketchup Song" : un phénomène mondial
Chanson la plus vendue de l'année 2002 en France et véritable raz-de-marée dans les charts du monde entier, "Aserejé" a marqué le début des années 2000 aux côtés de danses cultes comme la "Macarena".
Régulièrement redécouverte en été sur les réseaux sociaux comme Twitter ou TikTok, la véritable signification de ce refrain continue de surprendre les internautes qui réalisent qu'ils chantaient simplement l'histoire d'un fêtard essayant de fredonner du Sugarhill Gang à 2 heures du matin.