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Coup de projecteur sur le parcours de Christophe Maé

Depuis plus d'une décennie maintenant, il accumule les succès et les titres. Mais la vie de Christophe Maé n'a pas toujours été destinée à être celle d'une star de la chanson.

Coup de projecteur sur le parcours de Christophe Maé © ©Lionel Flusin / Getty Images

Une vocation contrariée

Il s'en est fallu de peu pour que l'on parle de Christophe Maé ailleurs que dans la rubrique culture des journaux. Car le jeune homme né à Carpentras se prédestine dans sa jeunesse à devenir sportif professionnel. Passionné de ski, c'est surtout avec une raquette en main qu'il se distingue puisqu'il aurait pu devenir, de son propre aveu, tennisman.

Malheureusement, c'est un problème de santé qui viendra le couper dans sa trajectoire: à seize ans, on lui détecte une polyarthrite chronique qui le contraint à arrêter le sport à haut niveau et à devoir changer de plan de carrière. L'adolescent se réfugie alors dans la musique, notamment celle de ses idoles, Stevie Wonder, qui lui transmet son goût pour l'harmonica, et Bob Marley (à qui il dédiera le morceau "Mon père spirituel" sur l'album "Mon Paradis").

Des fourneaux aux micros

Christophe Maé ne décide pourtant pas immédiatement de se lancer dans la chanson. Fils de boulangers, il décide de passer un CAP de pâtissier et passera même quelques mois à leurs côtés dans la boulangerie familiale de Carpentras. Mais très vite, le jeune homme sent que le métier n'est pas fait pour lui. Il en est persuadé, il peut percer dans la musique et devenir une star.

Avec sa guitare et son harmonica, il va dès lors écumer les pianos-bars et les petits cabarets de province pour se faire connaître, à jouer chaque soir devant des publics de stations balnéaires ou de sports d'hiver. Jusqu'à ses trente ans, il y développe son style musical personnel, fruit de ses différentes influences, mêlant blues, reggae et soul. Il connaît à cette époque quelques coups d'éclat médiatiques: une participation à l'émission "Graines de Stars", une chanson interprétée par la bande-son du film "Mais qui a tué Pamela Rose?", des premières parties de concert pour Seal ou Cher... Mais le succès n'arrive pas.

Le tremplin du Roi Soleil

La chance finira par tourner sous l'impulsion d'un homme: Olivier Schultheis. Le musicien et compositeur le repère assez tôt, au début des années 2000, dans une boîte de nuit de Saint-Tropez. Ensemble, ils enregistrent une maquette d'album qui n'aboutira à rien (le chanteur la décrit comme un projet funk à la Jamiroquaï), mais le premier contact est pris.

Ils se recroisent en 2002, mais ce soir-là, Schultheis est accompagné d'un certain Dove Attia, avec lequel il prépare un projet de comédie musicale sur Louis XIV et sa cour. Séduit, Attia l'engage pour incarner le frère du roi, déjà attribué à Emmanuel Moire. Malgré ce rôle secondaire, Christophe Maé devient un chouchou du public notamment grâce au morceau "Ça marche". Deux ans de représentations à guichets fermés plus tard, le chanteur est prêt à décoller en solo.

"Mon Paradis", le début d'une belle histoire

Avec l'aide de Zazie et surtout de Pascal Obispo et de son parolier fétiche Lionel Florence, Christophe Maé met la touche finale en 2007 à son premier album, "Mon paradis", titre choisi en hommage à cette Corse qu'il a toujours aimée. Et le succès est immédiatement au rendez-vous: les singles "On s'attache", "Parce qu'on sait jamais", "Ça fait mal" et "Belle demoiselle" sont tous des succès dans les charts et l'album s'écoule en tout à plus de 1,6 million d'exemplaires.

Ça y est, Christophe Maé est une star: il accumule les récompenses, intègre la troupe des Enfoirés en 2008 et enchaîne avec un album live qui cartonne également, "Comme à la maison". Chacun de ses trois albums suivants, "On trace la route", "Je veux du bonheur" et "L'Attrape-rêves", a atteint la première place des ventes, preuve d'un succès qui ne s'est jamais démenti depuis.