Le dance floor est sa maison sacrée, son refuge et son lieu privilégié de revendication. Avec assurance, Madonna nous rappelle qui règne sur le royaume du club dans "Confessions II", un tour de force de 16 titres bien ficelé et produit par Stuart Price, déjà présent en 2005 pour la création du premier volet.
A travers ce nouvel hommage à l'héritage nocturne new-yorkais des années 80, Madonna reconvoque l'ambition de "Confessions on a Dance Floor" : "Faire bouger les gens". Et c'est largement réussi : " Confessions II" donne envie de balancer ses épaules de droite à gauche, du single fer de lance "I Feel So Free" à des titres plus intimes comme "Fragile" ou "The Test", co-écrit avec sa fille.
La parfaite provocatrice
L'interprète des tubes "Hung Up" et "Sorry", emblématiques dans l'album "Confessions on a Dance Floor", embrasse de nouveau sa sensualité pour livrer cet opus entraînant tout du long et très sulfureux par moments.
Cette extravagance, les fans de la première heure la connaissent bien : dans "Hung Up", le body rose fluo était déjà de rigueur. Il a d'ailleurs été remis au goût du jour dans le cadre de la promotion de "Confessions II", lors du concert surprise donné par la reine de la pop à Times Square, début juin, au cours duquel elle s'est affichée fièrement en corset pastel.
En à peine plus d'une heure, "Confessions II" réussit à nous transporter dans l'univers mythique des boîtes de nuit gays, véritables laboratoires de créativité pour la Madonna d'il y a vingt ans. Tous les morceaux s'entremêlent et se complètent, s'enchaînant sans rupture à la manière d'un DJ set sophistiqué.
A la croisée de la pop, de la house et de la dance
Parmi les 16 titres, trois annoncent particulièrement la couleur : l'incantatoire "I Feel So Free", dans lequel Madonna affirme vouloir "créer une nouvelle personnalité", "Bring Your Love", duo pop avec la petite princesse du genre Sabrina Carpenter, et "Love Sensation", son hymne lumineux à l'amour sous toutes ses formes.
"Danceteria", aux sonorités acid, nous emmène dans l'iconique club ouvert de 1980 à 1986 à New York puis jusqu'en 1995 dans les Hamptons, dans lequel la chanteuse a passé sa première maquette. Elle y clame sans relâche : "Everyone here is a work of art" - "Tout le monde est une œuvre d'art ici".
Les quatre dernières chansons de "Confessions II" sont plus calmes et empruntent le chemin de l'intime. Sur "My Sins are My Savior", Madonna prête le micro à Stromae, dont la voix nous envoûte. "Betrayal" sample les célèbres notes d'Eric Satie et "The Test", composé à quatre mains avec sa fille Lola Leon, est une véritable "guérison". La ballade "L.E.S Girl" clôture mélodieusement l'opus.
Grâce à cette création protéiforme et très riche, Madonna réaffirme donc l'importance de la libération du corps, qui passe avant tout par la danse. Une question est déjà dans les esprits : peut-on commencer à espérer un "Confessions Tour II" ?