De Béjaïa aux quartiers nord de Marseille
Kenza Farah naît à Béjaïa, en Algérie. Elle arrive très jeune à Marseille avec sa famille, et grandit dans les quartiers nord. À la maison, les chansons circulent en permanence. Les voix venues du Maghreb, la chanson berbère et les grands refrains transmis par les parents font partie du quotidien. Notamment, les chansons d’Idir marquent l’oreille et la sensibilité de Kenza. Très tôt, la jeune fille chante. Elle le fait sans projet précis, par plaisir, dans un cadre familial. L’école, le quartier, les fêtes deviennent autant d’occasions de se produire.
À Marseille, elle grandit aussi entourée de jeunes qui rêvent de scène, de micros et de studios. Certaines amitiés d’enfance, notamment avec Mélissa M et Léa Castel, s’inscrivent déjà dans cette même envie de musique et de partage. À l’adolescence, Kenza Farah commence à prendre confiance en sa voix. Elle écoute du R’n’B et du hip-hop. Sans formation académique, elle apprend en observant, en répétant, en chantant encore.
Concours de chant, studios improvisés et premiers morceaux partagés sur le Web
Au début des années 2000, Kenza Farah passe de sa chambre aux petites scènes locales. À Marseille, elle enchaîne les concerts de quartier, et elle s’inscrit à des concours de chant. Les plateaux sont majoritairement occupés par des rappeurs, mais sa voix et son sens de la mélodie attirent l’attention. Elle y gagne de l’assurance, et apprend à gérer le trac, le public et le micro.
Ces passages sur scène lui permettent de faire des rencontres décisives. Elle croise notamment Mouloud Berrehail, qui l’aide à entrer en studio pour la première fois. La jeune femme enregistre alors ses premiers morceaux, dont "Mon ange". L’expérience est rudimentaire, bricolée, mais l’artiste découvre le travail de prise de voix, d’écriture et d’interprétation. Sur Skyblog, elle adopte le nom de Kenza Farah en inversant l’ordre de ses prénoms, et poste ses titres. Le bouche-à-oreille fonctionne rapidement. Les écoutes augmentent, les commentaires se multiplient, et son univers touche bien au-delà de Marseille.
"Authentik" et premières tournées
En 2007, Kenza Farah franchit un cap avec la sortie de son premier album, "Authentik". Le projet voit le jour après plusieurs mois de travail en studio. Les titres parlent de vie quotidienne, de famille, de fidélité et de désillusions, avec un ton direct qui touche immédiatement son public. "Je me bats" et "Appelez-moi Kenza", notamment, circulent rapidement. Le succès de l’album dépasse le cercle des premiers soutiens. Les ventes s’enchaînent, les radios s’y intéressent, et l’artiste part sur les routes. Elle multiplie les concerts à travers la France. La même année, une réédition d’"Authentik" prolonge cet élan, suivie par "Authentik Mixtape", qui rassemble des titres plus anciens et permet de retracer les débuts de l’artiste. En 2008, elle sort "Avec le cœur", un double album R’n’B. Les collaborations se multiplient, et les salles s’agrandissent, jusqu’au Zénith de Paris. En 2010, l’album "Trésor" prolonge cette dynamique.
Nouveaux albums, feats et passages télé
Au début des années 2010, Kenza Farah apparaît sur plusieurs compilations, et partage des morceaux avec Léa Castel, Alonzo, ou encore Cheb Mami et DJ Kore. En 2012, elle sort "4 Love". L’album rassemble des titres écrits en grande majorité par elle-même, et accompagnés de collaborations très exposées, notamment "Coup de cœur" avec Soprano. La tournée qui suit passe par des salles réputées, dont l’Olympia. La même période la voit participer à des projets internationaux, notamment "Habibi I Love You" avec Ahmed Chawki et Pitbull, et la reprise de "Obsesión" avec Lucenzo. En parallèle de la musique, Kenza Farah se met au petit écran. Elle participe à plusieurs émissions de divertissement, apparaît dans des fictions courtes, et prend part à des programmes musicaux.
Singles et retour en album
En 2016, Kenza Farah choisit un rythme différent. Elle publie les singles "Fais le job" et "Mon ange 2.0" sans s’inscrire immédiatement dans la logique d’un album. Cette période marque une pause relative dans sa discographie, mais pas un retrait. Elle continue d’écrire, d’enregistrer et de préparer la suite, tout en restant en lien avec son public. En 2019, elle revient avec l’album "Au clair de ma plume". Le disque rassemble des titres plus introspectifs, nourris par les années écoulées, et par l’envie de raconter les choses avec davantage de recul. La sortie est accompagnée de nouveaux clips, et de prises de parole plus espacées, loin de la surexposition des années précédentes.